« Le dialogue social joue un rôle essentiel pour atteindre l’objectif de promouvoir l’accès des hommes et des femmes à un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d’égalité, de sécurité et de dignité » selon la définition de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui ajoute : « le dialogue social inclut toutes les formes de négociations, de consultations et d’échanges d’informations entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs sur des sujets d’intérêt commun. Les formes de dialogue social varient selon les pays et les régions. (…) Il peut être informel ou institutionnalisé, il est souvent une combinaison des deux. Il peut se situer au niveau national, régional ou de l’entreprise. Il peut être interprofessionnel, sectoriel ou combiner les deux échelons. »

L’actualité prouve que le dialogue social peut aussi se rompre progressivement jusqu’à la rupture : les situations de blocage chez Air France sont une vraie menace pour l’entreprise dans sa globalité : salariés, partenaires, usagers…

Alors qu’en dehors des murs de l’entreprise, le citoyen aspire à être davantage associé à la décision qui concerne son territoire et son cadre de vie, pourquoi le « dialogue social » reste-t-il encore l’apanage exclusif des représentants (employeurs et salariés) ? La crise au sein de l’entreprise contemporaine ne soulève-t-elle pas un véritable enjeu de légitimité ? Qui est alors habilité à discuter collectivement de l’intérêt de l’entreprise, dans et par ses murs ?

En mettant l’accent sur la « concertation sociale », les fondements même du « dialogue social » sont réinterrogés. La « concertation sociale » vise à ouvrir la discussion à l’ensemble des parties prenantes concernées par la pérennité de l’entreprise. Il s’agit de prendre conscience de la valeur de chacun et de sa propre capacité à être force de proposition pour régler les problèmes qui se posent à l’entreprise et les anticiper. La « concertation sociale » fournit un cadre clair et partagé permettant l’échange d’arguments. Une discussion éclairée permet ainsi d’élargir l’horizon des participants, de mieux prendre en compte l’environnement social de l’entreprise et d’aboutir à des solutions partagées et souvent innovantes de développement. Parce que la « concertation sociale » sensibilise les parties-prenantes aux enjeux et aux contraintes de l’entreprise, les décisions prises sont rationnelles et acceptées car elles relèvent de l’argumentation collective et s’orientent vers le bien commun. Dans le cadre de la “concertation sociale”, les décisionnaires, responsables divers, dirigeants d’entreprise, de collectivités, élus… prennent les décisions en ayant considéré les préoccupations civiques pour les enjeux d’intérêt commun.

Enfin, il s’agit de reconnaître la place qu’occupe l’entreprise dans la société et dans son territoire. Elle contribue à donner du sens et à fournir des repères. L’entreprise est structurante mais elle est aussi un moyen d’intégration sociale au cœur des territoires. Or, la société change, la manière d’être citoyen évolue, pour rester compétitive, se développer et demeurer attractive, nos entreprises doivent elles aussi changer avec le soutien des citoyens. Il est de notre responsabilité individuelle, sociale et collective de soutenir dans leur transformation et leur développement nos entreprises.

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